Prix & Budget·Article pilier

Refaire l'électricité d'un appartement : prix 2026 et mise aux normes

Signes d'une installation à refaire, contenu d'une réfection complète, prix par surface, durée, logement occupé ou vide, domotique et cas du bâti parisien.

Yoël Zouari — Chirurgien du BâtimentPublié le 5 octobre 20268 min de lecture
En résumé · TL;DR

Refaire l'électricité d'un appartement coûte en 2026 de 3 500 à 6 000 € TTC pour un studio, 7 500 à 13 000 € pour un deux-trois pièces et 12 000 à 20 000 € pour 80 à 120 m² en Essentielle, soit 120 à 220 € par m². Comptez 6 500 à 38 000 € en Signature et 12 000 à 75 000 € en Prestige. Le prix couvre tableau, différentiels, terre, câblage, appareillage et Consuel, hors luminaires.

Combien coûte la réfection électrique d'un appartement en 2026 ?

Refaire entièrement l'électricité d'un appartement coûte, en 2026, de 120 à 220 € TTC par m² habitable en formule Essentielle, de 220 à 400 € en Signature et de 420 à 750 € en Prestige, soit 7 500 à 13 000 € pour un deux ou trois pièces de 50 à 70 m² en Essentielle. Le prix comprend le tableau, les protections différentielles, la mise à la terre, le câblage de tous les circuits, l'appareillage, les points lumineux et l'attestation de conformité Consuel ; il ne comprend pas les luminaires ni la peinture de finition après rebouchage des saignées. TVA à 10 % dès lors que le logement a plus de deux ans. Ces fourchettes sont indicatives : le chiffre ferme dépend du nombre de points, du mode de pose et de l'état des gaines existantes.

Tableau de prix par surface

LogementSurfaceEssentielleSignaturePrestige
Studio20 à 35 m²3 500 à 6 000 €6 500 à 11 000 €12 000 à 20 000 €
Deux ou trois pièces50 à 70 m²7 500 à 13 000 €14 000 à 22 000 €25 000 à 42 000 €
Familial80 à 120 m²12 000 à 20 000 €22 000 à 38 000 €42 000 à 75 000 €
Domotique KNX, en supplément80 à 150 m²Non proposé8 000 à 18 000 €20 000 à 55 000 €

Les trois formules refont la même installation conforme à la NF C 15-100. Elles se distinguent par le tableau (trois rangées équipées en Essentielle, davantage de rangées avec contacteurs, parafoudre et alimentation secourue de la box en Signature et Prestige), l'appareillage (série professionnelle courante, puis gammes design en métal ou en verre), le nombre de points par pièce au-delà du minimum normatif, le câblage réseau (quelques prises RJ45, puis du Cat 6A dans toutes les pièces de vie) et la domotique.

Les signes d'une installation à refaire

Une installation d'avant 1990 est rarement conforme aux exigences actuelles, une installation d'avant 1970 presque jamais. Les signaux qui ne trompent pas :

  • un tableau à fusibles à cartouche ou à porcelaine, sans disjoncteur ;
  • l'absence d'interrupteur différentiel 30 mA, ou un seul pour tout le logement ;
  • des prises à deux broches sans terre, en particulier dans la cuisine et la salle de bain ;
  • des fils sous gaine textile, ou des conducteurs en aluminium, utilisés dans certaines constructions des années 1960-1970 ;
  • des sections insuffisantes : un four ou des plaques branchés sur un circuit de prises ordinaire ;
  • des multiprises en cascade faute de prises murales, des disjoncteurs qui déclenchent, des prises qui chauffent ou noircissent.

Le diagnostic électrique obligatoire à la vente et à la location d'un logement dont l'installation a plus de quinze ans contrôle six points de sécurité : l'appareil général de coupure, la protection différentielle, la prise de terre, la protection contre les surintensités, les règles propres à la salle de bain et l'absence de matériels vétustes ou de conducteurs non protégés. Une ou deux anomalies se corrigent ; quatre ou plus signifient, en pratique, une réfection complète.

Ce que comprend une réfection complète

  1. Le tableau dans sa gaine technique, avec un disjoncteur de branchement accessible, des interrupteurs différentiels 30 mA répartissant les circuits, dont au moins un de type A pour les circuits de cuisson, de lave-linge et de recharge de véhicule, et un disjoncteur par circuit.
  2. La mise à la terre de toutes les prises et des masses métalliques, et la liaison équipotentielle de la salle de bain.
  3. Les circuits spécialisés : plaques de cuisson en 6 mm² sur 32 A, four, lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge, chauffe-eau, climatisation, chacun sur sa ligne.
  4. Les circuits de prises et d'éclairage dimensionnés par pièce, avec le nombre minimal de prises imposé par la norme et les points lumineux commandés.
  5. Le respect des volumes de la salle de bain, qui fixent quel matériel peut être installé à quelle distance de la baignoire ou de la douche.
  6. Le réseau de communication : coffret, prises RJ45 et antenne.
  7. La détection de fumée et, pour une installation neuve ou totalement rénovée, l'attestation de conformité Consuel, visée après contrôle, qui conditionne la mise en service par le gestionnaire de réseau.

Le détail poste par poste des exigences figure dans notre guide de la norme NF C 15-100. Ici, nous nous en tenons au prix et à l'organisation du chantier.

Ce qui fait varier le prix

  • Le mode de pose. Encastré en saignées, avec rebouchage, dans un logement vide ; en apparent sous plinthes électriques, moulures ou goulottes dans un logement occupé ou dans un bâti qu'on ne veut pas entailler. L'apparent est plus rapide mais se voit.
  • Les gaines existantes. Dans une résidence des années 1970 dotée de gaines encastrées en bon état, les conducteurs se retirent et se remplacent sans ouvrir les murs : le chantier coûte nettement moins cher qu'une installation à créer dans des murs en pierre ou en brique pleine.
  • Le nombre de points. Un deux-pièces conforme au minimum compte une trentaine de points (prises, interrupteurs, sorties de câble, points lumineux) ; un familial bien équipé en compte 80 à 120. Ordre de grandeur : chaque point ajouté se paie en câble, en boîte et en temps.
  • La hauteur sous plafond et les matériaux. Trois mètres vingt de plafond, des cloisons en brique ou des murs en pierre allongent les saignées et le passage des gaines.
  • Les options : variateurs, prises USB, éclairage à haut rendu des couleurs, pré-câblage pour une climatisation ou une borne de recharge, domotique.

Combien de temps dure une rénovation électrique ?

LogementPréparation et câblageFinitions et contrôlesDurée totale indicative
Studio 25 m²3 à 4 jours1 à 2 jours1 semaine
Deux ou trois pièces 60 m²6 à 8 jours2 à 3 jours2 semaines
Familial 100 m²10 à 15 jours3 à 5 jours3 à 4 semaines

À ces durées s'ajoutent le rebouchage et la peinture, puis le passage du Consuel, dont l'attestation arrive en deux à quatre semaines. Dans une rénovation complète, l'électricité se fait en deux temps : le passage des gaines et des câbles juste après la démolition, l'appareillage et le tableau en fin de chantier, après la peinture.

Logement occupé ou vide

Refaire l'électricité d'un appartement habité est possible, à trois conditions : travailler pièce par pièce en gardant une alimentation provisoire, passer en apparent là où les saignées ne sont pas acceptables, et planifier les coupures. Comptez une durée allongée d'un tiers et un surcoût de 15 à 30 % (indicatif) par rapport au même chantier dans un logement vide, où l'électricien ouvre toutes les saignées en une fois, tire les câbles d'une traite et laisse la place au plâtrier. Si vous pouvez libérer le logement deux à trois semaines, c'est le bon calcul.

La domotique : quand l'intégrer

Le moment de la réfection est le seul où la domotique coûte son juste prix : le bus KNX se tire avec les autres câbles, les boîtes d'encastrement sont dimensionnées pour les modules, le tableau accueille les actionneurs. En supplément de la réfection, comptez 8 000 à 18 000 € en Signature et 20 000 à 55 000 € en Prestige pour 80 à 150 m². Un simple pré-câblage du bus, 2 000 à 5 000 € selon la surface (indicatif), permet d'activer éclairage, volets et chauffage plus tard sans rouvrir les murs. Notre article sur la domotique KNX explique pourquoi nous préférons ce standard ouvert aux systèmes propriétaires.

Les erreurs à éviter

  1. Garder l'ancien tableau pour économiser. Dès qu'on touche à l'installation, la mise en conformité s'impose ; un tableau ancien bloque toute évolution (climatisation, borne, domotique).
  2. Signer un devis sans schéma ni plan d'implantation. Le nombre de prises par pièce, leur position et le circuit de chaque appareil doivent être écrits avant le premier coup de rainureuse.
  3. Oublier la terre. Une prise à trois broches n'est pas reliée à la terre si l'immeuble n'a pas de conducteur de terre : la question se pose à la copropriété.
  4. Négliger le réseau filaire. Le Wi-Fi ne remplace pas une prise RJ45 pour le télétravail et la télévision ; après travaux, chaque prise ajoutée coûte plusieurs fois son prix.
  5. Sous-dimensionner la cuisine. Plaques, four, lave-vaisselle, lave-linge et hotte ont chacun leur circuit ; prévoyez aussi le réfrigérateur et la cave à vin sur des lignes dédiées.

À Paris et dans les Hauts-de-Seine

Trois situations reviennent dans nos chantiers :

  • L'haussmannien sans terre, dans le 16ᵉ, le 17ᵉ ou à Neuilly-sur-Seine : prises à deux broches, câbles tirés dans les plinthes et sous les parquets, colonne montante parfois sans conducteur de terre. La mise à la terre d'un appartement dépend alors de l'immeuble : si la colonne n'en a pas, la copropriété doit la créer, et le vote en assemblée générale se prévoit en amont. Le passage des gaines dans les planchers bois, sous les parquets déposés pour restauration, évite d'entailler les murs moulurés.
  • Les résidences des années 1960-1980 de Courbevoie, d'Issy-les-Moulineaux ou de Meudon-la-Forêt : des gaines encastrées souvent réutilisables, ce qui réduit le prix, mais des tableaux sans différentiel, parfois des conducteurs en aluminium, et des cloisons dont les matériaux justifient un repérage amiante avant perçage. Notre guide pour rénover un appartement des années 60-70 détaille ces points.
  • Les immeubles récents du Trapèze à Boulogne-Billancourt, du Front de Seine à Levallois ou des bords de Seine à Issy : installation conforme à sa date, mais souvent minimale. Le chantier consiste à ajouter des circuits, du réseau et de la domotique, sans réfection complète.

Dans tous les cas, le syndic est informé avant les travaux, l'accès au local des compteurs et à la colonne s'organise avec le gardien, et les coupures se programment en dehors des heures où les voisins en ont besoin.

Obtenir un devis ferme

La visite technique, sous 72 h, comprend l'audit du tableau, la mesure de la terre et le repérage des circuits ; le devis remis 24 h après détaille le plan d'implantation, le nombre de points par pièce, le matériel et le planning, à prix ferme, attestation Consuel incluse. Demander un devis électricité.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Quel est le prix pour refaire l'électricité d'un appartement de 60 m² ?+

Entre 7 500 et 13 000 € TTC en formule Essentielle, 14 000 à 22 000 € en Signature et 25 000 à 42 000 € en Prestige, pour une réfection complète conforme à la NF C 15-100 avec tableau, terre, câblage, appareillage et attestation Consuel, hors luminaires. Un logement vide avec des gaines réutilisables se situe en bas de fourchette ; un haussmannien en pierre sans terre, en haut.

Quel est le prix d'une mise aux normes électrique partielle ?+

Quand l'installation est saine mais incomplète, une mise en sécurité se limite au tableau, aux différentiels et à la terre : 1 500 à 4 000 € TTC (indicatif) selon le nombre de circuits. Elle lève les anomalies du diagnostic sans refaire les prises. Au-delà de quatre anomalies ou sur une installation d'avant 1970, la réfection complète est presque toujours plus rationnelle.

Combien de temps dure la rénovation électrique d'un appartement ?+

Une semaine pour un studio, deux semaines pour un deux ou trois pièces, trois à quatre semaines pour un familial de 100 m², hors rebouchage et peinture. L'attestation Consuel arrive deux à quatre semaines après le contrôle. Dans une rénovation complète, le câblage intervient après la démolition et l'appareillage après la peinture.

Peut-on refaire l'électricité en restant dans l'appartement ?+

Oui, en travaillant pièce par pièce avec une alimentation provisoire et en passant en apparent (plinthes, moulures) là où les saignées sont impossibles. Comptez une durée allongée d'un tiers et 15 à 30 % de surcoût indicatif. Libérer le logement deux à trois semaines reste la solution la plus économique et la plus propre.

L'attestation Consuel est-elle obligatoire en rénovation ?+

Elle l'est pour une installation neuve ou entièrement rénovée avec changement de tableau, car elle conditionne la mise en service par le gestionnaire de réseau. Pour un ajout de circuit ou un remplacement partiel, elle ne l'est pas. Nous la délivrons sur toute réfection complète ; son coût est compris dans nos devis.

Mon immeuble haussmannien n'a pas de terre : que faire ?+

La prise de terre est une installation de l'immeuble : si la colonne montante n'a pas de conducteur de protection, la copropriété doit la créer, par un vote en assemblée générale. En attendant, l'interrupteur différentiel 30 mA protège les personnes, mais l'installation ne peut pas être déclarée conforme. Nous préparons le dossier technique à présenter au syndic.

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