Un escalier occupe de l'ordre de quatre à six mètres carrés à chaque niveau, dégagements compris, et son emplacement détermine le reste du plan : où l'on entre dans le séjour, comment on rejoint les chambres, quelle lumière descend de l'étage. Nous commençons donc par lui. L'architecte d'intérieur compare plusieurs implantations, droite le long d'un mur, à quart tournant dans un angle, hélicoïdale lorsque la place manque, puis vérifie pour chacune le confort de marche.
Ce confort se calcule. La règle de l'art veut que deux hauteurs de marche ajoutées à un giron donnent entre 60 et 64 centimètres : en dessous, on piétine ; au-dessus, on allonge le pas. Un escalier trop raide, dessiné pour gagner de la place, se paie chaque jour, surtout avec des enfants ou les bras chargés. Nous dessinons le garde-corps et la main courante dès l'esquisse, car ils comptent autant que les marches dans l'allure de la pièce.